Les implications de cette découverte ?

Témoignage historique

L’originalité et l’abondance du bestiaire représenté, la maîtrise précoce des techniques picturales et la créativité dont ils témoignent ont bouleversé la compréhension de l’évolution de l’art pariétal préhistorique, élargi le champ de l’interprétation de ces oeuvres, et ouvert la possibilité de nouvelles découvertes et champs de recherche. Les représentations iconographiques de la grotte dans son environnement de cavité naturelle karstique, fournissent un témoignage unique sur le développement des traditions artistiques, sociales et probablement métaphysiques des Aurignaciens, la première civilisation d’Homo sapiens en Europe, jusqu’alors connue pour des dessins assez frustes.La grotte apporte également un témoignage paléontologique et archéologique sans équivalent sur la fréquentation des cavités profondes au paléolithique supérieur.

Peut-on considérer dès lors que l’art est né dans la grotte Chauvet-Pont d’Arc ?
Non, car si elle marque déjà un aboutissement dans l’art, l’art est une pratique qui a nécessité un temps d’apprentissage des pratiques et techniques picturales probablement très long. Certes deux fois plus ancienne que la grotte de Lascaux (18 000 ans), la grotte sud-ardéchoise  n’est pas la cavité ornée la plus ancienne au monde. En Europe, la grotte de Coliboaia (Roumanie) a révélé des âges identiques et dans la grotte ornée de Nerja (Espagne) des peintures pourraient dater de 43 000 ans. En Australie, l’art rupestre aborigène pourrait réserver quelques bonnes surprises mais la datation de ces représentations reste compliquée avec des résultats aléatoires.

Un très joli mammouth à la longue trompe dans le couloir de la Sacristie. Les défenses ont été reprises en gravure après avoir été dessinées en noir.