Grotte Chauvet, que disent les charbons de bois ?

Les dessins réalisés par les artistes aurignaciens sont d'une beauté et d'une maîtrise artistique exceptionnelles © Fritz-Tosello - Centre national de la préhistoire

Les plus anciennes traces de feu attribuées à l’Homme sont datées d’il y a environ 400 000 ans. Des milliers d’années plus tard, 40 000 ans avant notre ère, Homo sapiens maîtrisant désormais cet élément, alla visiter les grottes saisonnièrement. Il laissa alors derrière lui les traces de son passage : les peintures rupestres. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la grotte Chauvet est le témoin immuable des premiers instants de l’art pariétal.

Une étude impliquant plusieurs chercheur.e.s du CNRS, dont des équipes toulousaines du laboratoire TRACES – Travaux de recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés et de la Maison des sciences de l’Homme et de la société de Toulouse, s’intéresse aujourd’hui aux charbons de bois laissés par les Hommes de l’Aurignacien (37 000 – 33 500 av. notre ère) et du Gravettien (31 000 – 28 000 av. notre ère) qui fréquentèrent le site Chauvet-Pont d’Arc.

Sur les 171 échantillons étudiés par les scientifiques, tous sauf un sont issus de pins. La présence de ces conifères témoigne d’un climat froid et sec mais également d’un paysage steppique rythmé par des bosquets de pin, de bouleau ou de genévrier. Le pin permettait de générer de grandes flammes à la faveur desquelles les artistes de la Préhistoire purent peindre sur les parois alors éclairées de la grotte. Parmi les foyers identifiés dans la grotte, une partie était dévolue uniquement à la production de charbon de pin dont ils se servirent pour la réalisation des fresques.

Cet article a été publié le 25 avril 2018 dans Antiquity.

Source : Délégation régionale du CNRS – Midi-Pyrénées
Photo © Fritz-Tosello – Centre national de la préhistoire